Dernièrement, je discutais avec un étudiant du cégep qui m’a dit qu’il avait été admis à l’Université. Il m’a dit qu’il avait été admis en génie mécanique mais que son intention initiale était d’aller étudier en kinésiologie.

Le salaire et la quantité de travail du kinésiologue lui a fait faire son choix

Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander qu’est-ce qui avait fait en sorte qu’il avait changé d’idée par rapport au fait d’étudier en kinésiologie et sa réponse est loin de m’avoir surpris.

Il m’a simplement répondu qu’en observant des kinésiologues dans différents contextes, il a réalisé que le salaire par rapport aux conditions de travail était un des facteurs qui l’avait guidé. Évidemment, durant ses études au cégep, il a aussi découvert d’autres trucs qu’il appréciait qui l’ont poussé vers un autre choix d’études.

Le fait qu’il ait observé des professionnels du milieu et qu’il se soit demandé s’il voulait avoir leur mode de vie et leurs résultats financiers est très intelligent de sa part.

Est-ce que la passion pour le mouvement et pour l’entraînement est nécessairement un sacrifice financier? 

C’est une question très importante à se poser et la réponse va varier d’une personne à l’autre. 

Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à l’Université mais je me souviens très bien qu’à l’époque où j’étais entre ses murs tout le monde (ou presque) croyait à tort que la faculté qui générait le plus d’entrepreneurs était la faculté d’administration.

Non, la faculté qui générait le plus d’entrepreneurs était la faculté qui englobait celle des étudiants en kinésiologie. Pourquoi? Parce que les kinésiologues veulent améliorer leur sort par rapport à ce qu’il y a sur le marché du travail et ils veulent souvent concrétiser leur vision de la profession.

Les défis l’entrepreneuriat pour les kinésiologues et entraîneurs

Se partir en affaires est un défi en soi et pour le kinésiologue entraîneur voici quelques-uns de ces défis:

  • Les frais fixes peuvent être élevés (que ce soit pour un loyer ou pour de l’équipement).
  • Le début de l’entreprise se fait souvent seul parce que le kinésiologue entraîneur doit remplir son horaire et il n’a pas encore assez de clientèle et d’argent pour engager une équipe.
  • Pendant cette période, le kinésiologue entraîneur développe des habitudes de travail de travailleur autonome.
  • Le kinésiologue entraîneur est souvent passionné et très bon dans son domaine professionnel et sa réputation et son identité professionnelle est rattachée à son niveau d’expertise professionnelle.
  • Pour implanter un système entrepreneurial, il a moins d’outils.

La parabole du pipeline pour expliquer le défi en kinésiologie

La parabole du pipeline est un livre qui explique très bien un concept important à comprendre pour toutes les professions mais particulièrement pour les kinésiologues. Lorsqu’une personne salariée travaille, elle échange du temps pour de l’argent.

Dans cette image, la personne transporte des seaux d’eau pour amener de l’eau à la maison (ou de l’argent dans son compte bancaire). Plus les seaux sont gros, plus on amène d’eau à la maison mais habituellement, plus le poids des responsabilités est grand.

Le système scolaire nous apprend ça

Le système scolaire nous apprend à échanger du temps pour de l’argent et donc à transporter des seaux d’eau mais on peut aussi créer un pipeline qui va amener BEAUCOUP plus d’eau à la maison.

Le défi est que de construire ce pipeline nécessite un changement de paradigme sur certains points dont le focus à travailler sur son entreprise et moins dans son entreprise. Pour ce faire, il faut:

  • Apprendre à déléguer (à l’école, on appelle ça tricher ou plagier)
  • Savoir optimiser les différents aspects de son entreprise pour qu’elle puisse opérer sans qu’on y soit (à l’école tout doit être fait par nous même pour tester nos connaissances).
  • Si l’entreprise d’entraînement peut opérer sans nous (avec d’autres kinésiologues et entraîneurs de l’équipe) comment se sentir par rapport à son identité et à sa fierté professionnelle?

La vision et les connaissances techniques et entrepreneuriales pour avoir un beau concept viable

Le défi est que souvent, les gens qui ont le “mindset” d’entrepreneur pour créer un pipeline sont aussi ceux qui ne connaissent pas très bien l’entraînement et la kinésiologie et les entraîneurs ou kinésiologues sont ceux qui connaissent bien l’entraînement et qui sont passionnés mais qui n’ont pas le temps, l’énergie ou l’envie d’optimiser un système entrepreneurial efficace.

Les kinésiologues qui prennent le temps d’étudier pour avoir des compétences professionnelles dans un premier temps et des compétences entrepreneuriales dans un deuxième temps peuvent créer des entreprise florissantes qui vont générer de bon chiffres d’affaires (et une bonne rentabilité) et qui vont bien rémunérer d’autres kinésiologues tout en leur offrant un environnement de travail qui est très épanouissant et aligné avec une vision professionnelle intéressante. Bref, créer un bon concept avec une culture d’entreprise qui est parfaite pour accueillir les meilleurs professionnels de l’industrie.

Les futures kinésiologues veulent éviter de faire un voeu de pauvreté

Comme je l’ai déjà dit dans un article précédent, je crois que ça prend environ 20 ans pour bien développer les 2 aspects de la kinésiologie (soit 10 ans ou 10 000 heures par chapeau) et la profession de kinésiologue est encore jeune. Évidemment, ce processus peut être accéléré et c’est la mission de ce site web!

Avoir une entreprise d’entraînement rentable est bien pour le propriétaire d’entreprise mais c’est aussi bien pour la profession de kinésiologue. Je comprends la décision de ce jeune qui a de l’intérêt pour la kinésiologie mais qui veut éviter de faire un voeu de pauvreté.